Les oubliés des commémorations

12 novembre 2018

Jean-Xavier Humbert, référent national déminage pour le centre UNITÉ SGP POLICE-FSMI-FO est profondément déçu, comme l’explique le tract diffusé à l’échelle nationale par le syndicat policier. « Depuis quatre ans, les commémorations du centenaire ont commencé, et pas un démineur, ni aucun service n’ont été associés à l’événement, y compris lors des récentes actualités. »

 

En effet, Emmanuel Macron est actuellement plongé dans « une itinérance mémorielle » dans le Nord et l’Est de la France. Il passera à quelques kilomètres de Vimy (62), dont le centre de stockage de munitions des deux guerres avait explosé en 2016, tant le dépôt était engorgé, faute d’une prise de décision immobilière.

 

Des obus toujours actifs

 

La bataille de Vimy, en 1917, a laissé des traces indélébiles dans le paysage, mais aussi de nombreux obus toujours actifs et autres armes chimiques, comme dans certaines régions de France. Les démineurs sont donc confrontés à une mémoire très directe et toujours fort dangereuse, d’autant que le projet français de destruction de munitions chimiques Sécoia (Site d’élimination des chargements d’objets identifiés anciens) a vu le jour plusieurs années après ceux de nos voisins belge et allemand.

 

Par ailleurs, le 11 Novembre, lors du Forum de la paix à Paris, 100 chefs d’État devront leur sauvegarde, entre autres, à des démineurs chargés des missions de visites de sécurité.

 

Manque d’information

 

À l’échelle locale, Jean-Xavier Humbert regrette aussi qu’une exposition itinérante, axée sur la pédagogie auprès du grand public, proposée en 2014 par l’association des Démineurs de France et dûment subventionnée, ait été refusée au motif qu’elle allait mobiliser trop de démineurs lors des interventions destinées aux scolaires et aux visiteurs.

 

Un étonnement peut effectivement surgir sur ce manque d’informations et cette absence de reconnaissance. Jean-Xavier Humbert propose une amorce de réponse : « La moitié des centres de déminage ne sont pas aux normes, faute de crédits. Ne pas parler des démineurs, laisser les faits sous silence, et rien n’entraînera alors une phase de questionnement. »

 

Devoir de mémoire et mémoire contemporaine devraient pourtant être amenés à nécessairement cohabiter.

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